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Je viens de changer de monde… Non non, je ne viens pas de faire un voyage astral ou de communiquer avec des esprits, ne partez pas en peur! Je viens de changer de monde, car je viens de changer de vie. Je ne rentrerai pas dans les détails, car le média que vous lisez présentement n’a vraiment rien d’un journal à potins, mais disons en résumé que je viens de changer de localité, de maison, de vie et surtout, de bien-aimée. Par respect pour mon ex, avec qui je viens de passer quatre belles années, je n’élaborerai pas davantage, mais je vous ferai tout de même cette confidence : je viens de rencontrer mon âme sœur et j'entends bien oeuvrer au développement durable de ce bel amour. Tetetetete ! Vous risquez vous aussi, dans votre vie amoureuse, de changer plus souvent de partenaires qu’il y à quelques années… Au moment où plus d’un mariage sur deux se termine par une séparation (si tant est que vous ayez encore foi en cette institution) il est bien loin le temps, pour la plupart d’entre nous du moins, où un couple durait toute une vie. Que voulez-vous, les temps changent. Tant qu’a y être, vous pouvez même de nos jours changer non seulement d’orientation sexuelle, mais bien changer carrément de sexe, c’est tout dire…
Quoi? Que dites-vous? Il n’y a rien de bien surprenant là-dedans, car tout le monde vit des changements? Vous avez tout à fait raison! Tout bien considéré, rien n’est plus au cœur de nos vies que le changement, ou devrais-je dire les changements. Sans changements, sans évolution, la vie ne serait pas ce qu’elle est. Changer est non seulement possible, mais fait partie intégrante de notre nature profonde. Quand j’entends, certains de mes amis me dire qu’ils ne peuvent changer leurs vieilles habitudes de consommation, leurs façons de se véhiculer et de se nourrir, ou qu’on ne peut changer les industries polluantes ou notre sacré système politique, moi, ça me consterne. En fait, cette torpeur m’arrache plutôt le cœur, car je suis convaincu qu’on peut bel et bien changer le monde (et j’y reviendrai) avant qu’il ne soit trop tard, car nous nous dirigeons droit dans un mur…
Dès notre naissance et ce jusqu’à notre mort, une infinité de petits et de grands changements viennent en effet marquer et sculpter nos vies. Si un vieil ami de la famille vous voit, disons tous les 5 ans seulement, il n’en reviendra probablement pas comment vous avez changé. Bien sûr il vous reconnaîtra, mais ajoutera vraisemblablement « comme tu as a grandi, ou grossi, maigri, vieilli ou blanchi » (et dire qu’on appelle ça des amis…) Le recul qu’a cette personne, lui aura permis de voir les micros changements quasi imperceptibles que vous vous ne voyez peut-être pas, mais qui pourtant vous caractérisent. Et si ce n’était que ça… De l’intérieur, du plus profond de votre âme aussi vous changez… Rappelez-vous comment des événements marquants comme un cancer, le départ ou la mort d’un être aimé, ou plus positivement la naissance d’un enfant ou d’un nouvel amour, peuvent profondément chambouler votre existence et vous transformer de fond en comble. Nous sommes essentiellement, vous et moi des êtres de changements.
Vous changez d’emplois. C’en est fini le temps où le fils d’un mécanicien était nécessairement mécanicien tout au long de sa vie, ou que la fille d’une « reine du foyer » n’avait d’autre scénario possible que d’être elle aussi reine du foyer, faute de choix. Vous l’aurez remarqué, il est de plus en plus fréquent de changer d’emplois et de relever de nouveaux défis professionnels, à deux, cinq ou dix reprises, au gré des aléas de l’économie ou de nos attentes personnelles et professionnelles. Vous changez aussi vos façons de faire au quotidien. Qui aurait dit il y a quelques années qu’on arriverait un jour à faire en sorte que les Québécois bouclent leur ceinture lorsqu’ils roulent en automobile. OK, il en aura fallu du temps pour inculquer cette nouvelle façon de faire, et c’est normal. Les changements de mentalité, par définition, prennent du temps, et ne peuvent donc se faire simplement en criant « Mausus». Mais la capacité de changer, elle, existe néanmoins. Vous comprendrez donc que lorsqu’on me dit qu’on ne peut pas changer le monde, moi je ne le prends pas… À moins que vous et moi, on ne soit pas du monde ? …
Je vais en faire grimacer quelques-uns qui riront peut-être de mes sources, mais vous connaissez le groupe canadien RUSH ? Sans conteste, leur grand succès est la chanson « Tom Sawyer » librement inspirée du personnage de l’écrivain américain Mark Twain. Ce ne serait pas la première fois que cela arrive, mais derrière ce succès rock, se cache un véritable bijou de vérité. Il m’a fallu quelques années avant d’y porter attention, car je plonge souvent tête première dans la musique, mais depuis que j’ai porté attention aux paroles, j’aime cette chanson encore plus qu’avant. Et qu'est-ce que raconte au juste, la voix haute perchée de Geddy Lee le chanteur… ? « No changes are permanent, but change is ». Moi qui travaille personnellement depuis quelques années sur les changements qu’on peut apporter à nos vies, même Goenka Ji mon professeur birman de méditation Vipassana, n’aurait pu être plus limpide que RUSH… (Je blague) Ce que j’ai humblement intégré comme notion, c’est que nous changeons sans arrêt, mais qu’aucun changement n’est pour autant permanent.
Pendant près de 3 ans sur les ondes de TVA, j’ai d’ailleurs présenté une chronique baptisée « Changer le Monde », lors de l’émission matinale Salut Bonjour Week-End du dimanche. « Changer le monde » ?! J’avais mis plusieurs semaines avant de trouver un titre qui reflétait exactement l’esprit de ma démarche… Oui « Changer le Monde » voulait tout dire, en tout cas pas mal plus que « la chronique environnement », car je voulais signifier par là que non seulement on se devait d’aborder les problèmes environnementaux, mais mettre l’accent sur notre capacité de changer, c'est à dire, faire partie de la solution plutôt que du problème, en modifiant de façon significative nos comportements. À mes yeux, c’était et c’est toujours fondamental comme approche. Pourquoi changer le monde? Parce que le monde en question c’est évidemment notre planète, mais le monde c’est aussi nous les consomm’acteurs, comme le dit si bien avec conviction depuis des années mon ami Jean-Pierre Denis, le cofondateur du club 2/3 (http://oxfam.qc.ca/fr/secondaire) Changer le monde ca veut donc dire changer son propre monde, en cessant tenir la terre pour acquise, et en modifiant du même coup nos façons de vivre et surtout de consommer. C’était déjà et c’est toujours plus que jamais, ma profonde conviction.
Plusieurs amis et connaissances m’ont souvent dit que je rêvais en couleur, si je pensais ne serait-ce qu’une seconde pouvoir vraiment changer nos mauvaises habitudes de consommation, apparemment coulées dans le béton armé. Du béton, en passant, ça se concasse, ça se fragmente, et ça se pulvérise, vous dirait mon ami Louis… Je sais je sais, la prétendue « sagesse » populaire véhicule depuis des lunes que « Qui a bu boira » ou « Qui vole un œuf vole un bœuf », bref quand on est parti dans une direction, on ne peut plus rien y faire, car c’est irrémédiable, implacable, incontournable, inévitable. Le pire, c’est que ça semble d’autant plus fataliste, lorsque justement ça va plutôt mal. Excusez-moi, mais cette pseudo-fatalité là, je n’y crois pas. Ce type de résignation présente autant d’intérêt pour moi, et c’est tout dire, qu’un tournoi local de quilles à la télé… En ma qualité d’utopiste , je préfère donner la chance au coureur, et croire que le possible réside dans ce qui à première vue, paraît souvent impossible… Qui aurait dit un jour que l’homme volerait? Qui aurait prévu tant d’évolution dans le domaine médical et technologique. Avocat du diable, après plusieurs années d’entrevues d’affaires publiques à la radio et à la télé, j’ai même développé un malin plaisir à prendre à contre-pied les argumentations qu’on m’opposait. Je veux dire par là, que j’en suis arrivé, avec le temps à me dire devant toute argumentation, non seulement pourquoi, mais aussi, et surtout, pourquoi pas??? Je crois vraiment au formidable pouvoir que nous avons, de véritablement changer… J’en suis venu à me dire au fil des ans, que bien souvent nous nous cloisonnons dans nos propres prisons, que nous nous imposons souvent nos propres limites. Voilà notamment pourquoi j’avais insisté parce que convaincu, à appeler ma chronique Changer le Monde. C’est parce que j’y croyais… et que j’y crois toujours…
Oh évidemment on s’entend… Je ne pense pas pouvoir me changer au point de devenir danseur de ballet au Bolshoi à Moscou, lutteur de sumo à Fukuoka, ou brahmane à Allâhâbâd (encore que si je m’y mets, on ne sait jamais) mais comme dit l’adage « Donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne puis changer, le courage de changer les choses que je peux, et la sagesse d’en connaître la différence… Moi ce que j’aime particulièrement c’est “le courage de changer les choses ce que je peux”… J’imagine 7 millions de Québécois changer ce qu’ils peuvent, évidemment pour le mieux, et 6 milliards 800 millions de terriens changer ce qu’ils peuvent, toujours pour le mieux, et le résultat est tout sauf banal. Nos amis chinois affirment avec raison que “Si chacun balaie le devant de sa porte, toute la ville sera propre.” Ça illustre admirablement bien le formidable pouvoir cumulatif de petites actions apparemment isolées… Imaginez si on se dotait d’un gouvernement qui à l’échelle nationale prônerait aussi de réels changements, axés sur la participation citoyenne de chacun d’entre nous. Tiens, ca va m’inspirer une prochaine chronique plus politique…
Oui, mais pour changer maintenant, on commence par quoi ??? Eh bien, relisez mes chroniques (c’est mon patron Gordon qui va être content), ou découvrez ou redécouvrez le fabuleux site d’Équiterre (http://www.equiterre.org) ou celui d’Éthiquette (http://www.ethiquette.ca/index.php?lang=fr)... Vous y découvrirez une foule de gestes vous permettant de diminuer votre empreinte écologique, de préserver nos ressources, et d’encourager les initiatives durables… Ou rappelez-vous de ce qui suit… Ce n’est pas une formule magique, mais elle pourrait vous aider… On a synthétisé de façon efficace l’ordre hiérarchique de ce que devrait être la consommation responsable (ou raisonnable) et cela donne = 3R-V pour Réduire, Réutiliser, Recycler et enfin Valoriser… Mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Comme si ce n’était pas assez, certains poussent la formule, à 4R-V, en rajoutant au tout début, avant même la Réduire à la source, qu’il faut Repenser notre consommation… J’aime bien, ça enrichit la formule! Ça introduit aussi une notion fondamentale trop souvent négligée, soit la nécessité de s’arrêter pour réfléchir, avant de poser quelque geste que ce soit. On revalorise tellement l’action qu’on en vient à oublier l’importance de l’analyse et la réflexion.
Mais j’ai aussi vu et lu des 5-RV et des 6-RV… Pourquoi pas 12 R-V tant qu’a être, bande d’obsédés par les records Guinness ? Je sors mon dico et on va y arriver. Si vous le voulez, je suggère donc la Ritournelle des 12 R-V, mais je ne chanterai pas, Na ! Ce pourrait être Repenser, Réduire, Réutiliser, Recoudre, Rapiécer, Réparer quoi !, Retrouver ce qu’on a peut-être égaré, Réclamer au voisin Jean-Luc ce qu’il nous a emprunté il y a deux ans, Recycler, Recommencer, Respirer par le nez, et finalement en Rire, car ce n’est pas un dogme et il ne faut surtout pas trop se prendre au sérieux. Oups j’oubliais… Valoriser… Excusez-la! Bon j’y vais, je dois me changer, j’ai un souper avec Lisa ma douce…
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